Depuis l'intervention pour le moins musclée en 1999 du leader de Strika Tango, Alejandro Cossavella, avec La Porkoj à l'époque (vkkd 23), on pouvait penser que son rock basic et puissant était le fruit d'un choix, forcément irréversible, de mener la langue de Zamenhof à travers barrages et portes blindées à coups de gourdin. Etait-ce faute d'une culture ou technique musicale suffisamment poussées, ou simplement par manque de patience pour agir avec plus de diplomatie ? Eh bien, tant pis pour les inconditionnels du genre comme pour les détracteurs allergiques, Alejandro est un artiste complet, multifacettes et hautement talentueux, qui n'a pas fini de nous étonner !
Ce nouvel album est une oeuvre profondément digne de la vocation interculturelle de l'espéranto, et son auteur, qui revendique avec force l'utilité d'un projet "au delà du langage", n'a pas hésité à laisser enregistrer les claviers, cuivres, et certaines percussions, par des musiciens d'horizons divers à des milliers de kilomètres de son cercle domestique. C'est dans le Studio de La Trappe, dans les locaux même de Vinilkosmo, que cette musique, pourtant fortement inspirée par la tradition latino-américaine, à trouvé toute la pluralité souhaitée par Ale, et échappe, du même coup, aux étiquettes qui tendent souvent à limiter le rayonnement de telles créations.
Pas moins de treize musiciens de plusieurs pays différents ont participé à l'enregistrement, et en guise de clin d'oeil final, La Desertoj Dezertaj (Les Desserts Déserts), un groupe informel, invisible et abstrait, comme Ale nous le décrit avec humour, conclut avec 3 plages bonus une oeuvre déjà dense et enivrante.
Cet album est splendide, inspiré, gorgé du soleil qui l'aura vu naître, et deviendra sûrement une référence phare .. et si vous n'êtes pas sûr d'avoir compris pourquoi ... eh bien achetez le, et puis c'est tout !!!
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